Les assureurs luxembourgeois ont encaissé 31,1 milliards d’euros de primes vie en 2025, en progression de 16 % sur un an selon l’ACA. Une dynamique presque entièrement portée par la clientèle transfrontalière.
L’essentiel
- La collecte en assurance vie des compagnies luxembourgeoises a atteint 31,1 milliards d’euros en 2025, soit une hausse de 16 % sur un an (communiqué ACA du 26 mars 2026).
- Sur ce total, 30,3 milliards proviennent de l’activité internationale : le contrat luxembourgeois reste d’abord un produit transfrontalier, pas un produit domestique.
- Cette croissance ne dit rien du rendement d’un contrat donné : elle mesure l’attrait de la place, dont les garanties (triangle de sécurité, supervision du CAA) restent le vrai sujet pour un épargnant patrimonial.
Une collecte vie de 31,1 milliards d’euros en 2025
Réunie en assemblée générale le 26 mars 2026, l’Association des compagnies d’assurances et de réassurances du Luxembourg (ACA) a présenté les résultats de l’exercice 2025. Le secteur a encaissé 50,9 milliards d’euros de primes en assurance directe (+9,75 %), dont 31,1 milliards d’euros en assurance vie, en progression de 16 % sur un an. La branche non-vie, à 19,8 milliards d’euros, progresse à peine (+1 %) : c’est bien l’assurance vie qui tire la place.
Ces chiffres figurent dans le communiqué de l’ACA et son rapport annuel 2025. Ils confirment une tendance déjà installée les années précédentes, sans qu’un chiffre de collecte annuel ne préjuge en rien du rendement d’un contrat individuel, qui dépend des supports choisis et de l’allocation retenue.
Une dynamique presque entièrement transfrontalière
Le point qui distingue la place luxembourgeoise de son homologue française tient à l’origine de cette collecte : 30,3 des 31,1 milliards d’euros de primes vie relèvent de l’activité internationale. Les contrats souscrits par des résidents luxembourgeois, suivis dans une catégorie de reporting distincte, ne représentent pour leur part que 1,98 milliard d’euros : les deux agrégats ne s’additionnent donc pas terme à terme. Le constat reste net : l’assurance vie luxembourgeoise est d’abord un produit d’épargne transfrontalier, conçu pour une clientèle patrimoniale et expatriée.
Cette activité internationale est portée en premier lieu par la clientèle française, traditionnellement l’un des principaux marchés de la place luxembourgeoise. Cette place centrale de la clientèle française explique l’attention portée au régime : la portabilité du contrat en cas d’expatriation et sa neutralité fiscale (le Luxembourg n’applique pas de fiscalité propre au non-résident, chacun étant imposé selon son pays de résidence) comptent parmi les raisons avancées par les praticiens.
Pourquoi cette progression rassure les épargnants patrimoniaux
Une collecte en hausse, à elle seule, ne protège pas un épargnant. Ce qui compte pour un détenteur de contrat, c’est l’architecture de protection qui accompagne cette croissance. Le droit luxembourgeois repose sur le triangle de sécurité : les actifs des assurés sont déposés auprès d’une banque dépositaire agréée, juridiquement séparés des comptes de l’assureur et de ceux de la banque, et placés sous le contrôle permanent du régulateur.
- Le Commissariat aux Assurances (CAA) supervise les compagnies et peut bloquer les avoirs en cas de difficulté, au bénéfice des souscripteurs qui disposent d’un privilège de premier rang (le « super privilège »).
- Le cantonnement des actifs via les fonds internes dédiés (FID et FAS) et l’accès à une gestion multidevise élargissent l’univers d’investissement par rapport à un contrat français standard.
Ces mécanismes relèvent du cadre réglementaire et non d’une garantie de résultat : ils encadrent la détention des actifs, ils ne suppriment ni le risque de marché sur les unités de compte, ni les conditions propres à chaque contrat. L’évolution 2026 de ce cadre, avec l’entrée en vigueur de la circulaire 26/1 du CAA au 1er février 2026, est d’ailleurs à suivre pour les règles de gestion d’actifs.
Ce que ça change pour vous
Pour un détenteur ou un prospect de contrat luxembourgeois, cette collecte record est d’abord un signal de profondeur du marché : davantage d’assureurs actifs, davantage de supports accessibles, une concurrence qui peut justifier de renégocier ses frais ou de comparer les offres avant de souscrire. Elle ne change rien, en revanche, à l’analyse personnelle : le ticket d’entrée reste élevé (souvent autour de 250 000 euros chez les assureurs historiques, même si certains distributeurs abaissent ce seuil) et l’intérêt du contrat dépend de votre résidence fiscale et de votre horizon. Avant tout arbitrage, vérifier le niveau de frais, la solidité de l’assureur et l’adéquation des supports à votre profil peut justifier d’en parler à un conseiller.
Source : ACA (communiqué de presse) · Rubrique Actualités · jeudi 5 novembre 2026



