Les CGP anticipent une allocation plus diversifiée des contrats d’assurance vie en 2026. Une demande que le contrat français peine à loger, mais que le contrat luxembourgeois accueille via ses enveloppes internes dédiées (FID, FAS).
L’essentiel
- 54 % des CGP placent la diversification en tête des attentes de leurs clients en 2026, contre 41 % un an plus tôt (source L’Argus de l’assurance).
- Titres vifs détenus en direct et private equity restent difficilement logeables dans un contrat d’assurance vie de droit français.
- Le contrat luxembourgeois (FAS, FID) donne accès à ces supports, sous conditions de patrimoine (ticket d’environ 250 000 euros) et de profil de risque.
Les CGP anticipent une allocation plus diversifiée
Selon une étude relayée par L’Argus de l’assurance, 54 % des conseillers en gestion de patrimoine (CGP) placent la diversification au premier rang des attentes de leurs clients en 2026, contre 41 % un an plus tôt. Près d’un sur deux prévoit de proposer davantage d’ETF, et les produits structurés restent la première brique des unités de compte, à plus de 30 %.
La bascule est nette : d’après l’observatoire Nortia cité par l’Argus, les unités de compte ont capté 64 % de la collecte au premier trimestre 2026, contre 30 % deux ans plus tôt. Le non coté suit la même pente : d’après France Invest (étude d’avril 2026 sur l’accès des particuliers au non coté), les épargnants y ont investi 3,1 milliards d’euros en 2025, dont 2,6 milliards via l’assurance vie ; celle-ci concentre désormais l’essentiel des encours du secteur, à 11,8 des 14,5 milliards d’euros gérés fin 2025.
Le contrat français bute sur ses supports
Cette diversification se heurte à une limite structurelle du contrat de droit français : il ne loge, pour l’essentiel, que le fonds en euros et des unités de compte collectives (OPCVM, ETF, SCPI). Les titres vifs (actions détenues en direct) comme le private equity y restent, eux, largement hors de portée. La loi Industrie Verte oblige certes à orienter une part de l’épargne vers le non coté dans certains profils de gestion pilotée, mais via des fonds, non en direct.
Ce que permet le contrat luxembourgeois
Le contrat luxembourgeois répond à cette demande par le fonds d’assurance spécialisé (FAS) et le fonds interne dédié (FID). Selon le patrimoine du souscripteur, ces enveloppes donnent accès à des titres vifs, des actifs non cotés, du private equity et des produits structurés sur mesure, dans les catégories et limites fixées par le Commissariat aux assurances (CAA). Le ticket d’entrée reste toutefois élevé, de l’ordre de 250 000 euros, et ces supports moins liquides comportent leurs propres risques.
Ce que ça change pour vous
Si vous êtes résident fiscal français et que votre allocation cherche des actifs difficiles à loger dans un contrat français, le contrat luxembourgeois peut élargir l’univers d’investissement sans bouleverser, en principe, votre fiscalité : par le principe de neutralité fiscale, un résident fiscal français relève en pratique de la fiscalité française pour ses rachats et sa transmission, sous réserve de sa situation personnelle (résidence, prélèvements sociaux, cas particuliers). L’accès aux catégories les plus ouvertes dépend de votre patrimoine et de votre profil de risque : de quoi justifier d’en parler à un conseiller avant tout arbitrage.
Sources : L’Argus de l’assurance et France Invest · Rubrique Actualités · mercredi 23 septembre 2026



