Une enquête de Spear’s publiée le 14 octobre 2026 annonce une accélération possible des départs de grandes fortunes du Royaume-Uni. Pour un détenteur de contrat luxembourgeois, changer de pays de résidence n’impose pas de rachat.
L’essentiel
- Spear’s : 30 % des conseillers interrogés estiment que plus de 25 % des anciens non-doms ont quitté le Royaume-Uni sur l’exercice fiscal 2025-2026.
- Le régime non-dom a été supprimé le 6 avril 2025 et remplacé par le régime FIG (foreign income and gains) adossé à la résidence fiscale.
- Le contrat luxembourgeois est portable : il suit le souscripteur qui change de pays sans rachat forcé, et sa neutralité fiscale laisse la taxation s’appliquer selon la résidence d’arrivée.
Un exode qui pourrait s’accélérer
Dans une enquête auprès de conseillers de grandes fortunes publiée le 14 octobre 2026, le magazine Spear’s rapporte que 30 % des répondants estiment que plus d’un quart des anciens non-doms ont déjà quitté le Royaume-Uni sur l’exercice fiscal 2025-2026. Les destinations les plus citées sont les Émirats arabes unis (36 %), l’Italie (21 %) et le Portugal (15 %).
Ce mouvement fait suite à la suppression du régime non-dom le 6 avril 2025, remplacé par le régime dit FIG (foreign income and gains), adossé à la résidence fiscale et non plus au domicile, selon la note technique officielle du gouvernement britannique. Le Centre for Economics and Business Research (CEBR), cité par Spear’s, situe à 25 % des anciens bénéficiaires de la remittance basis le point d’équilibre budgétaire au-delà duquel la réforme coûterait aux finances publiques plus qu’elle ne leur rapporterait.
Pourquoi le contrat luxembourgeois ne force pas la main
Pour un résident du Royaume-Uni qui prépare un départ, la question pratique est celle du sort de son épargne. Beaucoup de supports sont liés à la résidence : une enveloppe locale perd ses avantages au départ, et un rachat peut cristalliser des plus-values. Le contrat d’assurance vie luxembourgeois répond autrement, parce qu’il est conçu pour une clientèle mobile.
La portabilité sert de socle, mais elle ne suffit pas à distinguer le contrat luxembourgeois : un contrat d’assurance vie français est lui aussi conservé en cas de changement de résidence, sans liquidation forcée. L’avantage décisif tient à la combinaison de cette portabilité avec la neutralité fiscale du Luxembourg. L’assureur luxembourgeois ne prélève aucun impôt à la source : la taxation s’applique selon les règles du pays de résidence du souscripteur. Un contrat français peut, lui, rester exposé à des prélèvements ou retenues en France au moment du rachat, selon la convention fiscale conclue avec le pays d’arrivée. S’y ajoute l’ingénierie multi-juridictionnelle et multidevise d’un assureur habitué à une clientèle mobile, capable de gérer un contrat libellé en plusieurs devises quel que soit le pays de résidence. Le cadre de protection (triangle de sécurité, actifs cantonnés chez la banque dépositaire) ne dépend pas, lui non plus, du pays de résidence.
Les conditions qui comptent
Cette portabilité n’est pas automatique ni universelle. Le pays d’arrivée doit admettre le contrat et son traitement fiscal varie fortement : forfait italien, règles propres au Portugal, absence d’impôt sur le revenu aux Émirats. La fiscalité selon le pays de résidence conditionne l’intérêt réel de l’opération et peut justifier d’en parler à un conseiller avant tout départ.
Ce que ça change pour vous
Si vous résidez au Royaume-Uni et envisagez de partir, un contrat luxembourgeois existant n’a pas vocation à être liquidé du seul fait du changement de résidence : sa portabilité peut éviter un rachat forcé et le déclenchement d’une fiscalité subie. Pour un expatrié qui s’installe, c’est aussi ce qui explique pourquoi ces contrats sont souvent utilisés par une clientèle amenée à changer de pays.
Source : Spear’s · Rubrique Actualités · jeudi 15 octobre 2026



