Des grandes fortunes britanniques, comme Chris Rokos, s’installent en Grèce pour son forfait fiscal de 100 000 euros par an. Grâce à sa neutralité fiscale, un contrat d’assurance vie luxembourgeois les suit sans prélèvement de l’assureur à la source, là où un contrat français de non-résident peut subir un prélèvement français que le forfait grec ne neutralise pas.
L’essentiel
- La Grèce applique un forfait de 100 000 euros par an sur les revenus de source étrangère (régime non-dom de l’article 5A), pendant quinze ans au maximum.
- Depuis la fin du régime non-dom britannique le 6 avril 2025, des contribuables fortunés comme Chris Rokos transfèrent leur résidence vers la Grèce.
- Un contrat luxembourgeois est portable et fiscalement neutre : l’assureur ne prélève rien à la source, seule la fiscalité grecque s’applique. Un contrat français de non-résident peut, lui, subir au rachat un prélèvement français à la source sur les gains (prélèvement forfaitaire unique de 12,8 %, sous réserve de convention), que le forfait grec ne neutralise pas.
Pourquoi les grandes fortunes britanniques choisissent la Grèce
Depuis l’abrogation du régime non-dom britannique le 6 avril 2025, un nombre croissant de contribuables fortunés quittent le Royaume-Uni. Chris Rokos, fondateur de Rokos Capital Management et troisième plus gros contribuable du pays (environ 330 millions de livres d’impôt sur le dernier exercice), prépare son installation en Grèce et l’ouverture d’un bureau à Athènes, selon Bloomberg, information reprise par la dépêche PA Media relayée par Yahoo Finance (8 septembre 2026).
L’attrait tient au régime grec de l’article 5A : un forfait de 100 000 euros par an (environ 86 000 livres) sur l’ensemble des revenus de source étrangère, quel que soit leur montant, pendant quinze ans au maximum. Chaque membre de la famille rattaché coûte 20 000 euros par an. L’accès suppose de ne pas avoir été résident fiscal grec sept des huit années précédentes et d’investir au moins 500 000 euros en Grèce dans les trois ans (source primaire : administration fiscale grecque, AADE).
Portabilité et neutralité fiscale du contrat luxembourgeois
Un contrat d’assurance vie, français comme luxembourgeois, n’est pas racheté d’office lorsque son détenteur s’expatrie : il reste valable et le souscripteur le conserve. La vraie différence pour un non-résident se joue sur le prélèvement opéré à la source par l’assureur. Le contrat luxembourgeois est conçu pour être portable : il suit le souscripteur qui transfère sa résidence d’un pays à l’autre, et c’est la fiscalité du pays de résidence du moment qui s’applique.
Cette portabilité repose sur la neutralité fiscale du Luxembourg : l’assureur n’opère aucun prélèvement à la source sur les contrats des non-résidents. Un contrat français, lui, relève du cadre fiscal français même pour un non-résident : au rachat, les gains peuvent supporter un prélèvement français à la source (prélèvement forfaitaire unique de 12,8 %, sous réserve de l’application d’une convention fiscale). Nos repères sur l’assurance vie luxembourgeoise et l’expatriation détaillent ce mécanisme.
Ce que ça change pour vous
Sous le régime non-dom grec, les revenus de source étrangère sont en principe couverts par le forfait de 100 000 euros : la Grèce ne les réimpose pas au-delà. Mais ce forfait neutralise l’impôt grec, pas un prélèvement opéré à la source dans un autre pays. Un contrat français détenu par un résident grec peut ainsi subir, au rachat, un prélèvement français à la source sur les gains que le forfait grec ne vient pas effacer. Un contrat luxembourgeois, fiscalement neutre, ne supporte aucun prélèvement de l’assureur à la source : seule la fiscalité grecque s’applique, forfait compris.
À cela s’ajoute la portabilité : la Grèce faisant partie de l’Espace économique européen, l’assureur luxembourgeois peut y servir le contrat en libre prestation de services, sans que le souscripteur ait à le liquider en changeant de résidence. Vous conservez en principe votre allocation (fonds internes FAS/FID, multidevise) au moment du déménagement. Reste à vérifier, au cas par cas, les modalités déclaratives et l’articulation avec les conventions fiscales, qui justifient d’en parler à un conseiller. Le ticket d’entrée de ces contrats, de l’ordre de 250 000 euros selon les assureurs, les réserve à une clientèle patrimoniale. Pour aller plus loin : la fiscalité par pays de résidence et le cas des résidents britanniques.
Source : Yahoo Finance (PA Media, d’après Bloomberg) · Rubrique Actualités · lundi 12 octobre 2026



