L’arbitrage est l’un des mécanismes les plus puissants de l’assurance-vie luxembourgeoise. Il permet de modifier la composition de votre portefeuille — vendre un support pour en acheter un autre — sans déclencher d’imposition. Cette neutralité fiscale constitue un avantage considérable par rapport à la détention directe de titres et offre une liberté de gestion incomparable pour adapter votre allocation au fil du temps.
Qu’est-ce qu’un arbitrage ?
Un arbitrage consiste à transférer tout ou partie de la valeur investie sur un support d’investissement vers un autre support, à l’intérieur du même contrat d’assurance-vie. Concrètement, vous vendez des parts du fonds A pour acheter des parts du fonds B, le tout dans l’enveloppe assurantielle.
Ce que l’arbitrage n’est pas
- Ce n’est pas un rachat : aucun capital ne sort du contrat.
- Ce n’est pas un nouveau versement : aucun capital n’entre dans le contrat.
- Ce n’est pas un fait générateur fiscal : aucune plus-value n’est réalisée au sens fiscal.
L’arbitrage est une opération purement interne au contrat. Pour l’administration fiscale, il n’existe tout simplement pas.
L’avantage fiscal déterminant de l’arbitrage
C’est ici que réside la force majeure du mécanisme. Dans un compte-titres ordinaire (CTO), chaque cession de titre constitue un fait générateur d’imposition. Si vous vendez un fonds ayant généré 20 000 € de plus-values pour en acheter un autre, vous devez acquitter l’impôt sur ces 20 000 € (flat tax de 30 % soit 6 000 €, ou barème progressif + prélèvements sociaux).
Dans le cadre de l’assurance-vie luxembourgeoise, cette même opération est totalement neutre fiscalement. Les 20 000 € de gains restent investis à 100 % et continuent de fructifier. L’imposition n’intervient qu’au moment du rachat, c’est-à-dire lorsque vous retirez effectivement des fonds du contrat.
Impact sur le long terme
L’effet de cette neutralité fiscale est considérable sur la durée. En réinvestissant l’intégralité des gains sans prélèvement fiscal intermédiaire, vous bénéficiez d’un effet de capitalisation renforcé. Sur 15 ou 20 ans, avec des arbitrages réguliers, la différence de performance nette entre un CTO et un contrat d’assurance-vie peut atteindre plusieurs dizaines de pourcents du capital initial.
Fonctionnement pratique de l’arbitrage
Initiation de l’opération
L’arbitrage peut être initié de plusieurs manières :
- Par le souscripteur en gestion libre : demande écrite, formulaire en ligne ou instruction via le courtier.
- Par le gestionnaire en gestion sous mandat : le gérant agit dans le cadre du mandat sans validation préalable du souscripteur.
- Par le conseiller en gestion conseillée : le conseiller propose, le souscripteur valide.
Délais d’exécution
Les délais d’exécution d’un arbitrage varient selon la nature des supports concernés :
| Type de support | Délai habituel |
|---|---|
| Fonds euros | 1 à 2 jours ouvrés |
| OPCVM / ETF liquides | 1 à 3 jours ouvrés |
| Fonds alternatifs | 3 à 10 jours ouvrés |
| Fonds immobiliers (SCPI, OPCI) | 5 à 15 jours ouvrés |
| Private equity | Variable (fenêtres de liquidité) |
Le délai total inclut le désinvestissement du support source et l’investissement sur le support cible. En période de forte volatilité, les délais peuvent s’allonger.
Valorisation
L’arbitrage est exécuté sur la base de la valeur liquidative (VL) des supports à la date d’exécution de l’opération. Un décalage de quelques jours entre la vente et l’achat est possible ; les sommes transitent alors par un compte en attente.
Frais d’arbitrage
La politique tarifaire varie selon les compagnies d’assurance luxembourgeoises :
- Arbitrages gratuits : de nombreux contrats luxembourgeois incluent un nombre illimité d’arbitrages sans frais, ce qui constitue un avantage significatif par rapport à certains contrats français.
- Frais forfaitaires : certains assureurs appliquent un montant fixe par opération (par exemple 15 € à 50 € par arbitrage).
- Frais proportionnels : rarement, un pourcentage de 0,10 % à 0,50 % du montant arbitré peut être prélevé.
Dans le cadre d’une gestion sous mandat via un FID, les frais d’arbitrage sont généralement inclus dans la commission de gestion. Le gérant peut ainsi réaliser les opérations nécessaires sans coût additionnel pour le souscripteur.
Les options d’arbitrage automatique
Au-delà de l’arbitrage ponctuel décidé par le souscripteur ou le gérant, plusieurs mécanismes d’arbitrage automatique peuvent être activés pour sécuriser ou optimiser le portefeuille.
Sécurisation des plus-values
Ce mécanisme protège automatiquement les gains réalisés sur un support. Lorsqu’un fonds atteint un seuil de plus-value prédéfini (par exemple +10 % ou +15 %), une partie ou la totalité des gains est automatiquement transférée vers un support sécurisé (fonds en euros ou fonds monétaire).
Exemple : votre fonds actions progresse de 12 %. L’option déclenche un arbitrage automatique de la plus-value (12 %) vers le fonds en euros, protégeant ainsi les gains acquis.
Stop-loss (limitation des pertes)
Le stop-loss fonctionne comme un filet de sécurité. Si la valeur d’un support baisse en dessous d’un seuil prédéfini (par exemple -10 % par rapport au dernier plus haut ou par rapport à la valeur d’entrée), l’intégralité de la position est automatiquement arbitrée vers un support défensif.
Exemple : vous investissez 100 000 € sur un fonds actions avec un stop-loss à -8 %. Si le fonds passe sous 92 000 €, l’arbitrage automatique transfère la position vers le fonds en euros pour limiter la perte.
Investissement progressif
Cette option permet d’investir un montant important de manière progressive, en lissant les points d’entrée sur plusieurs mois. Le capital est initialement placé sur un support sécurisé, puis arbitré automatiquement par tranches régulières vers les supports cibles.
Exemple : vous versez 300 000 € sur le fonds en euros. Chaque mois pendant 12 mois, 25 000 € sont automatiquement arbitrés vers un fonds actions. Cette stratégie réduit le risque de mauvais timing en cas de marché baissier.
Rééquilibrage automatique
Le rééquilibrage automatique maintient votre allocation d’actifs conforme à la répartition cible que vous avez définie. Lorsque les pondérations dérivent au-delà d’un seuil (par exemple +/- 5 points), un arbitrage automatique ramène l’allocation à sa cible.
Exemple : votre allocation cible est 60 % actions / 40 % obligations. Après une forte hausse des marchés actions, la pondération passe à 68 % / 32 %. Le rééquilibrage automatique vend une partie des actions et achète des obligations pour revenir à 60 / 40.
Exemple pratique : rééquilibrage en période de crise
Prenons le cas d’un investisseur détenant un portefeuille de 800 000 € réparti selon une allocation cible de 60 % actions (480 000 €) et 40 % obligations (320 000 €).
Avant la correction de marché
| Classe d’actifs | Allocation cible | Valeur |
|---|---|---|
| Actions | 60 % | 480 000 € |
| Obligations | 40 % | 320 000 € |
| Total | 100 % | 800 000 € |
Après une baisse de 20 % des actions
| Classe d’actifs | Allocation réelle | Valeur |
|---|---|---|
| Actions | 52,6 % | 384 000 € |
| Obligations | 47,4 % | 346 000 € (hausse de 8 %) |
| Total | 100 % | 730 000 € |
Rééquilibrage par arbitrage
Pour revenir à 60/40, l’investisseur arbitre 54 000 € des obligations vers les actions :
| Classe d’actifs | Allocation après arbitrage | Valeur |
|---|---|---|
| Actions | 60 % | 438 000 € |
| Obligations | 40 % | 292 000 € |
| Total | 100 % | 730 000 € |
Dans un CTO, cette opération de vente d’obligations aurait déclenché une imposition sur les plus-values réalisées. Dans le contrat d’assurance-vie, l’opération est fiscalement neutre : aucun impôt, aucune déclaration, aucun impact sur la trésorerie investie. L’intégralité des 54 000 € est réallouée aux actions, sans prélèvement.
Arbitrages et gestion sous mandat
Dans le cadre d’un FID en gestion sous mandat, les arbitrages sont réalisés quotidiennement par le gérant sans intervention du souscripteur. Cette fluidité opérationnelle permet une gestion réactive et professionnelle, comparable à celle d’un compte-titres mais avec l’avantage fiscal de l’enveloppe assurantielle.
Le souscripteur reçoit un reporting périodique (mensuel ou trimestriel) détaillant l’ensemble des opérations réalisées, les performances et l’évolution de l’allocation.
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Avec plus de 20 ans d’expérience sur les marchés financiers, j’ai toujours eu à cœur d’écouter, conseiller et accompagner mes clients dans la durée.
Mon indépendance me permet aujourd’hui de garantir une totale objectivité dans mes recommandations et de proposer des solutions patrimoniales réellement sur mesure.En 2009, je me tourne vers la gestion de patrimoine privé. J’exerce d’abord chez Allianz Finance Conseil, puis rejoins la Banque Neuflize en tant que banquier privé, conseillant une clientèle haut de gamme sur leurs investissements et stratégies patrimoniales.
En 2014, je cofonde WSI Conseil avec Christophe Simon, société dédiée à la gestion de l’épargne financière au Luxembourg pour les particuliers comme pour les entreprises.
En plus de mon expertise sur les actifs liquides (actions, obligations, OPCVM), j’ai développé une solide compétence dans l’investissement non coté, autrement dit le private equity.



