L'article en bref...
- L’assurance vie luxembourgeoise présente des inconvénients réels, liés à son positionnement patrimonial et réglementaire, mais chacun répond à une logique précise.
- Le ticket d’entrée élevé (250 000 € minimum) limite l’accès au contrat, mais garantit qu’il est utilisé à partir d’un niveau de patrimoine cohérent avec sa complexité et ses avantages.
- Les frais sont plus complexes qu’en France, en contrepartie d’une architecture sécurisée avec une banque externe, transparente et personnalisable, peu comparable aux contrats grand public.
- La gestion en ligne plus limitée qu’en France avec l’absence d’arbitrages possible par souscripteurs privilégie un pilotage encadré, adapté aux stratégies patrimoniales de long terme.
- Les options de gestion automatiques sont restreintes, mais remplacées par une gestion humaine sur mesure.
- L’absence de SCPI dans les contrats luxembourgeois constitue une contrainte pour les investisseurs immobiliers, mais reflète une incompatibilité structurelle avec un outil conçu avant tout pour des actifs financiers.
- Le fonds en euros est moins performant et juridiquement dépendant du cadre français, mais il est peu central, voire inutile dans le sens où il est soumis à la loi Sapin 2.
- La distribution encadrée selon le pays de résidence impose une anticipation réglementaire, tout en offrant une portabilité internationale et une sécurité juridique supérieure.
- Le seul véritable danger réside dans une mauvaise déclaration fiscale, indépendamment du Luxembourg lui-même, ce qui rend l’accompagnement indispensable.
En pratique, l’assurance vie luxembourgeoise n’est pas un produit universel, mais un outil patrimonial puissant, à condition d’être utilisé au bon moment, pour le bon profil et avec le bon accompagnement.
L’assurance vie luxembourgeoise est souvent présentée comme une solution patrimoniale premium : sécurité juridique unique en Europe, accès à des gérants institutionnels, portabilité internationale — un point clé dans le cadre d’une assurance vie luxembourgeoise pour expatriés, absence de plafond de garantie grâce au mécanisme du super-privilège.
Mais comme tout outil patrimonial de haut niveau, elle s’accompagne de contraintes réelles. Des contraintes structurelles, rarement expliquées avec précision, souvent mal comprises — et parfois volontairement minimisées. L’assurance vie luxembourgeoise n’est pas un produit universel. Elle ne convient ni à tous les profils, ni à toutes les situations patrimoniales. Cet article propose une analyse complète, technique et sans discours commercial des principaux inconvénients de l’assurance vie luxembourgeoise, afin de comprendre :
- pourquoi ces limites existent,
- dans quels cas elles constituent un véritable frein,
- et en quoi elles peuvent, lorsqu’elles sont maîtrisées, devenir de
véritables leviers d’optimisation patrimoniale
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Sommaire
Inconvénient n°1 : un ticket d’entrée élevé
L’assurance vie luxembourgeoise n’est pas un produit d’épargne accessible à tous.
Son principal inconvénient réside dans un ticket d’entrée élevé, qui la réserve à une clientèle patrimoniale.
En pratique, l’ouverture d’un contrat d’assurance vie au Luxembourg nécessite :
- 250 000 € minimum pour un contrat standard,
- Le souscripteur doit justifier d’un niveau de fortune de 1,25 M€ pour pouvoir investir dans le Private Equity (PE), c’est-à-dire les actifs réels.
- À partir d’un niveau de fortune mobilière de 2 500 000 €, l’assuré bénéficie d’une structuration patrimoniale complète, sans restriction.
À partir de 2,5 M€ d’encours, le souscripteur est classé investisseur de type D, selon la réglementation luxembourgeoise.
Ce que change concrètement le statut d’investisseur de type D
À ce niveau d’investissement, le contrat offre une liberté d’allocation maximale.
Le souscripteur peut accéder à l’ensemble des supports disponibles, sans limitation liée au profil de risque :
- fonds internes collectifs (FIC),
- fonds internes dédiés (FID),
- fonds d’assurance spécialisés (FAS),
- actifs non cotés : private equity, dette privée, immobilier professionnel,
- stratégies multi-devises et allocations sur mesure.
Autrement dit, un contrat structuré à partir de 2,5 M€ permet d’investir librement sur tous les profils A, B, C et D, dans un cadre réglementaire strict et sécurisé.
Pourquoi ces montants sont-ils aussi élevés ?
Ces seuils ne relèvent ni d’un choix commercial, ni d’une logique d’exclusion volontaire.
Ils découlent directement des contraintes réglementaires et structurelles propres au Luxembourg.
En particulier :
- Les FID et FAS sont réservés aux investisseurs avertis ou professionnels (directive MIFID II).
- La réglementation impose une adéquation entre la capacité financière de l’investisseur et le niveau de risque des supports.
- Le triangle de sécurité luxembourgeois (assureur, banque dépositaire, autorité de contrôle) engendre des coûts fixes importants, pertinents uniquement à partir d’un certain encours.
Notre avis d'expert : le ticket d'entrée n'est pas le vrai sujet
Le ticket d’entrée de 250 000 € minimum constitue donc un véritable filtre patrimonial. Il garantit que le souscripteur est en mesure de : comprendre la complexité du contrat, exploiter pleinement ses possibilités d’investissement, et absorber les coûts liés à une architecture haut de gamme. En contrepartie, l’investisseur accède à un outil patrimonial extrêmement puissant, sans équivalent dans les contrats d’assurance vie grand public.
Inconvénient n°2 : des frais plus complexes – le « millefeuille » luxembourgeois
Les frais d’une assurance vie luxembourgeoise sont souvent perçus comme un inconvénient. Ils sont en réalité la contrepartie directe d’un haut niveau de personnalisation, de contrôle et de protection des actifs, bien supérieur à celui d’un contrat français classique. Contrairement à une assurance vie française, où les frais sont largement mutualisés, le modèle luxembourgeois repose sur une séparation stricte des rôles, chaque acteur intervenant à un niveau précis du contrat.
Une architecture de frais en plusieurs couches
Les frais d’un contrat d’assurance vie luxembourgeois se décomposent généralement comme suit :
| Couche de frais | Rôle |
|---|---|
| Frais de l’assureur | Gestion administrative du contrat, cadre juridique et réglementaire |
| Frais de courtage | Rémunération de l’intermédiaire qui structure et distribue le contrat |
| Frais de la banque dépositaire (spécificité luxembourgeoise) | Ségrégation des actifs, contrôle indépendant des investissements |
| Frais de mandat | Gestion financière des FID, FAS ou gestion déléguée |
| Frais liés aux supports | Variables selon les fonds, ETF ou actifs alternatifs sélectionnés |
Cette superposition est parfois qualifiée de « millefeuille », car elle rend les frais
moins lisibles au premier abord
que dans un contrat français standard.
Pourquoi les frais peuvent sembler plus élevés
Les frais globaux d’une assurance vie luxembourgeoise peuvent effectivement être supérieurs à ceux d’un contrat français
« retail », en particulier lorsque la stratégie d’investissement intègre :
- une gestion sous mandat (FID, FAS Gestion déléguée),
- des frais de courtage élevés ou mal calibrés,
- des frais de mandat importants,
- des actifs alternatifs ou du private equity,
- une banque dépositaire haut de gamme (Pictet, UBS, etc.).
Dans ces configurations, le contrat ne vise plus la simplicité, mais une
structuration patrimoniale avancée
, avec des coûts cohérents avec le niveau de service, de contrôle et de sécurité recherché.
Assurance vie française vs luxembourgeoise : deux logiques de frais différentes
Comparer les frais d’une assurance vie luxembourgeoise à ceux d’un contrat français uniquement à travers un pourcentage
peut être trompeur. Les deux modèles reposent sur des
philosophies opposées
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En France, la simplicité repose sur une mutualisation des risques. Au Luxembourg, la transparence repose sur une architecture de contrôle indépendante, plus exigeante et plus coûteuse.
Un inconvénient… qui dépend surtout de la structuration du contrat et de l’intermédiaire qui distribue le contrat.
Les frais luxembourgeois ne constituent ni un coût caché, ni une dérive du modèle . Ils sont la contrepartie directe
:
- de la séparation des actifs,
- du contrôle indépendant de la banque dépositaire,
- et de la protection renforcée des avoirs.
En pratique, la complexité des frais devient un véritable inconvénient lorsque le contrat est mal structuré , ou lorsque les différents niveaux de frais ne sont pas maîtrisés. Le rôle de l’intermédiaire est donc déterminant : à allocation équivalente, deux contrats d’assurance vie luxembourgeois peuvent présenter des niveaux de frais très différents .
Notre avis d'expert : une maîtrise des frais au cœur de la performance
Les frais d’un contrat d’assurance vie luxembourgeois sont plus complexes que ceux d’un contrat français classique, en
raison du plus grand nombre d’intervenants (banque externe, gestionnaire tierce…).
Cette complexité ne signifie pas nécessairement un surcoût : elle nécessite surtout une structuration rigoureuse.
Le rôle de l’intermédiaire est déterminant pour éviter l’empilement inutile de couches de frais (banque dépositaire, mandat, supports, structuration), en arbitrant entre les différentes options possibles.
Dans une allocation patrimoniale bien construite, les frais sont maîtrisés et correspondent à une contrepartie assumée : sécurité juridique renforcée, personnalisation réelle et accès à des supports institutionnels.
En pratique, le recours à des structures complexes, comme les Fonds Internes Dédiés (FID), n’est pertinent que lorsqu’il apporte une valeur ajoutée réelle. Les FID impliquent très souvent un niveau de frais plus important qui peut réduire la performance du contrat L’objectif est d’éviter l’empilement de frais successifs, susceptible de pénaliser la performance du contrat sur le long terme. La performance d’un contrat d’assurance vie luxembourgeois se joue autant dans la qualité de sa structuration que dans le choix des supports d’investissement.Inconvénient 3 Une gestion en ligne limitée : un fonctionnement plus lent et plus formalisé
La gestion en ligne d’un contrat d’assurance vie luxembourgeois diffère sensiblement de celle d’un contrat français. Il s’agit d’un véritable inconvénient pour les investisseurs habitués à une gestion 100 % digitale et autonome.
Des arbitrages rarement réalisables directement par le client.
Contrairement aux contrats d’assurance vie français, la majorité des contrats luxembourgeois ne permet pas au souscripteur de réaliser lui-même ses arbitrages en ligne. Dans la pratique : les arbitrages sont effectués par le mandataire du contrat, c’est-à-dire le courtier du contrat (banque ou CGP), et non directement par le client via une interface digitale. Ce fonctionnement implique des délais supplémentaires et une gestion plus formalisée, notamment pour les investisseurs recherchant une grande réactivité.
Un retard historique lié au secret bancaire
Pendant de nombreuses années, les contrats d’assurance vie luxembourgeois ont fonctionné avec des systèmes informatiques volontairement peu développés. Cette situation s’expliquait par la volonté de préserver le secret bancaire , qui limitait la digitalisation des outils de gestion et de reporting. Ce modèle a profondément évolué à la suite des exigences de transparence imposées par les autorités américaines, qui ont contraint les banques et les assureurs européens à moderniser leurs systèmes. Depuis, les assureurs luxembourgeois ont considérablement investi dans leurs infrastructures informatiques, mais le niveau de digitalisation reste globalement inférieur à celui des contrats français.
Des niveaux technologiques très variables selon les assureurs
Tous les assureurs luxembourgeois ne se situent pas au même niveau en matière de gestion en ligne. Nous constatons en pratique que les grands assureurs luxembourgeois disposent d’outils plus avancés, tandis que les structures plus modestes accusent un retard technologique plus marqué. La taille de l’assureur constitue donc un facteur déterminant
dans la qualité :
- des interfaces clients,
- du suivi du contrat,
- et de la rapidité d’exécution des opérations.
Ce que cela implique concrètement pour le souscripteur
Une gestion en ligne plus limitée signifie moins d’autonomie dans les arbitrages, des délais de traitement plus longs, une relation davantage intermédiée avec le gestionnaire du contrat. Ce fonctionnement peut être perçu comme contraignant pour un investisseur habitué aux contrats français très digitalisés, mais il s’inscrit dans une logique de gestion patrimoniale encadrée, où la sécurité et le contrôle priment sur la rapidité d’exécution.
Un point de vigilance essentiel avant la souscription
Pour les investisseurs envisageant l’ouverture d’une assurance vie au Luxembourg, le choix de l’assureur est déterminant. Il est essentiel de privilégier un assureur disposant de capacités technologiques avancées , des outils de suivi clairs et réguliers et une organisation capable de traiter efficacement les opérations courantes.
La qualité de la gestion en ligne dépend donc moins du pays que du partenaire sélectionné.
Notre Avis d’expert
La gestion en ligne plus limitée des contrats d’assurance vie luxembourgeois ne constitue pas un défaut du modèle, mais un critère de sélection des profils pour lesquels ce type de contrat est pertinent.
Ce fonctionnement est cohérent avec une approche patrimoniale de long terme, intégrant des supports institutionnels et une gestion structurée.
À l’inverse, pour des investisseurs très autonomes, habitués aux arbitrages fréquents et à une gestion 100 % digitale, cette organisation peut générer de la frustration et réduire l’intérêt du contrat.
La question n’est donc pas de savoir si la gestion en ligne est « suffisante », mais si ce mode de fonctionnement est compatible avec le profil, les objectifs et l’horizon d’investissement du souscripteur.Inconvénient 4 — Des options de gestion automatique beaucoup plus limitées qu’en France
Dans un contrat d’assurance-vie français, l’assuré peut activer en un clic plusieurs options automatiques de pilotage, comme :
- la sécurisation automatique des plus-values
(lorsqu’un fonds dépasse un seuil de performance, le contrat vend automatiquement une partie du support pour
sécuriser le gain), - les stop-loss automatiques
(réduction d’un support dès qu’il baisse au-delà d’un seuil défini), - le rebalancing automatique
(remise en ligne régulière de l’allocation vers les proportions initiales), - ou encore le DCA inversé
(désinvestissement progressif à date fixe pour lisser un risque).
Ces mécanismes existent car les contrats français sont conçus pour le grand public : ils doivent permettre une gestion simple, automatisée, même lorsque l’investisseur n’a ni accompagnement dédié ni compétence financière avancée.
Pourquoi ces options ne sont presque jamais disponibles au Luxembourg ?
Le fonctionnement luxembourgeois répond à une logique totalement différente :
- Le Luxembourg applique une surveillance beaucoup plus stricte des investissements
Chaque opération doit être validée par l’intermédiaire, car le Luxembourg fonctionne sous supervision du CAA et selon
les règles de la Libre Prestation de Services. > Une automatisation complète serait incompatible avec ces contrôles
systématiques.
- La philosophie du marché luxembourgeois est patrimoniale, pas “grand public”
Les contrats luxembourgeois sont conçus pour des investisseurs patrimoniaux, avec un gérant dédié ou un conseiller financier.
L’idée est simple : ce n’est pas le client qui actionne les mécanismes automatiques, mais le professionnel qui pilote la stratégie. Automatiser des mécanismes sur un contrat qui peut intégrer du private equity, des fonds alternatifs ou des stratégies sophistiquées serait même potentiellement dangereux : la mécanique pourrait entrer en contradiction avec la stratégie globale du gérant.
Notre avis d’expert : une automatisation … mais un pilotage humain
Les options de gestion automatique des contrats d’assurance vie ont été conçues pour répondre à un besoin précis : permettre à des investisseurs non accompagnés de piloter leur épargne à l’aide de règles standardisées.
L’assurance vie luxembourgeoise repose sur une logique différente.
L’absence d’automatismes suppose l’existence d’un pilotage humain, capable d’intégrer la complexité des supports, le
contexte de marché et les objectifs patrimoniaux globaux.
Dans ce cadre, des mécanismes automatiques génériques peuvent s’avérer inadaptés, voire contre-productifs, lorsqu’ils entrent en contradiction avec une stratégie de long terme.
Le véritable enjeu n’est donc pas la présence ou l’absence d’options automatiques, mais le niveau d’accompagnement et de cohérence stratégique dont bénéficie le souscripteur.
Inconvénient 5 — L’absence de SCPI dans les contrats luxembourgeois
Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) constituent une solution d’investissement immobilier très répandue en France, y compris au sein des contrats d’assurance vie.
Elles permettent d’investir indirectement dans un patrimoine immobilier locatif, géré par des sociétés spécialisées, avec pour objectif principal la perception de revenus réguliers.
Si de nombreuses assurances vie françaises proposent des SCPI en unités de compte, leur absence dans les contrats d’assurance vie luxembourgeois constitue un véritable inconvénient pour certains investisseurs, notamment ceux recherchant une exposition immobilière simple et lisible.
Notre avis d’expert : une contrainte à intégrer, pas à contourner
L’absence de SCPI dans les contrats d’assurance vie luxembourgeois ne constitue pas une anomalie du modèle, mais une limite structurelle à intégrer. Le véritable enjeu n’est pas de chercher à faire entrer l’immobilier dans une enveloppe qui n’est pas conçue pour cela, mais de positionner chaque classe d’actifs dans le cadre juridique et fiscal le plus adapté. L’assurance vie luxembourgeoise est un outil financier et patrimonial, particulièrement efficace pour des stratégies internationales, institutionnelles ou non cotées. Une allocation patrimoniale cohérente repose donc sur une séparation claire des rôles : l’immobilier via des véhicules dédiés, et l’assurance vie luxembourgeoise pour les actifs compatibles avec son architecture.
Inconvénient 6. Un fonds en euros moins performant
Le fonds en euros est historiquement l’un des piliers de l’assurance vie française. Il permet d’investir de manière sécurisée, principalement en obligations d’État, avec un capital garanti et un effet cliquet : les intérêts acquis chaque année sont définitivement conservés. Ce produit est une spécificité française. Le Luxembourg ne dispose pas de fonds en euros natif Contrairement à la France, le Luxembourg ne propose pas de fonds en euros propre à son marché. Lorsque des assureurs luxembourgeois mettent à disposition un fonds en euros, celui-ci repose sur : un fonds en euros français, réassuré au Luxembourg. Ce mécanisme entraîne deux conséquences directes :
- un coût de réassurance, qui vient mécaniquement réduire le rendement du fonds en euros par rapport à son équivalent français ;
- une exposition juridique indirecte : si l’État français décidait d’activer la loi Sapin 2, les restrictions pourraient également s’appliquer à la part investie en fonds en euros au sein d’un contrat luxembourgeois.
Par définition, le rendement d’un fonds en euros dans un contrat luxembourgeois est donc inférieur à celui d’un fonds en euros détenu dans un contrat français. Sapin 2 : un risque réel, mais limité au fonds en euros Il est important de préciser que le risque lié à la loi Sapin 2 ne concerne que la poche investie en fonds en euros, et ne s’applique pas aux unités de compte, qui restent intégralement protégées par le super-privilège luxembourgeois. En pratique, si un risque de blocage devait se matérialiser, un gestionnaire attentif disposerait généralement de signaux d’alerte préalables, lui permettant d’adapter l’allocation (par exemple via des arbitrages vers des supports monétaires ou faiblement volatils). Un rôle de plus en plus marginal dans les allocations patrimoniales Dans une approche de gestion patrimoniale sérieuse, notamment pour les patrimoines importants, le fonds en euros n’est plus un pilier central de l’allocation et représente le plus souvent une poche marginale, voire est totalement absent. Le contrat d’assurance vie luxembourgeois est avant tout conçu pour :
- les unités de compte,
- les supports institutionnels,
- les stratégies diversifiées et internationales,
- et les actifs réels tels que le private equity.
Ce que cela implique pour l’investisseur L’utilisation d’un fonds en euros dans une assurance vie luxembourgeoise offre un niveau de sécurité connu, mais au prix d’un rendement plus faible et d’une exposition indirecte aux décisions réglementaires françaises. Il s’agit donc d’un support à manier avec discernement, en cohérence avec l’ensemble de la stratégie patrimoniale.
Notre avis d’expert : une contrainte réglementaire qui demande de l’anticipation
La distribution encadrée de l’assurance vie luxembourgeoise ne constitue pas un frein à la mobilité internationale, mais une incitation à anticiper les conséquences patrimoniales d’un changement de résidence. Le véritable risque ne réside pas dans la réglementation elle-même, mais dans l’absence de projection : souscrire ou gérer un contrat sans tenir compte des évolutions possibles de la situation fiscale et géographique du souscripteur. Lorsqu’elle est anticipée, cette contrainte devient un facteur de solidité juridique et de lisibilité patrimoniale, en garantissant la conformité du contrat dans le temps. La question essentielle n’est donc pas de savoir si le contrat est distribuable partout, mais s’il a été structuré en tenant compte de la trajectoire de vie de l’investisseur.
Inconvénient n°7. Une distribution encadrée selon le pays de résidence
- la réglementation du pays de résidence fiscale du client, notamment en matière d’assurance et de distribution financière ;
- les exigences de la CAA, qui impose un haut niveau de conformité et de protection de l’investisseur ;
- les règles de la Libre Prestation de Services (LPS), qui encadrent ce qu’un assureur luxembourgeois est autorisé à proposer à un client non résident.
- certains supports d’investissement peuvent devenir inéligibles,
- certaines options de gestion peuvent être restreintes,
- les obligations déclaratives du client évoluent.
Notre avis d’expert : un support de confort, pas un pilier stratégique
Le fonds en euros conserve une forte dimension symbolique, mais il n’est plus un élément structurant dans une allocation patrimoniale utilisant une assurance vie luxembourgeoise. Son rôle est avant tout celui d’un support à capital garanti, destiné à lisser la volatilité ou à sécuriser temporairement une poche, et non à porter la performance globale du contrat. Dans une allocation correctement construite, l’enjeu principal ne réside pas dans le rendement ou le risque juridique du fonds en euros, mais dans la sélection des unités de compte et la cohérence d’ensemble de la stratégie patrimoniale. La question n’est donc pas de savoir si le fonds en euros est “moins performant”, mais s’il est réellement nécessaire dans les objectifs poursuivis par l’investisseur.
Inconvénient n°9. Le seul véritable danger : une mauvaise déclaration fiscale
- toute assurance vie étrangère doit être déclarée en case 8TT,
- les encours et flux sont automatiquement transmis à l’administration fiscale via le CRS (Common Reporting Standard),
- il n’existe aujourd’hui aucune “invisibilité” possible.
Comparatif : Inconvénients Luxembourg vs France
Point analysé | France | Luxembourg |
|---|---|---|
Fonds euros | Fort rendement historique, effet cliquet | Plus faible, réassuré |
Sécurité des actifs | Garantie 70 000 € | Garantie illimitée |
Digitalisation | Très forte | Moyenne |
SCPI | Oui | Non |
Gestion automatique | Très développée | Limitée |
Ticket d’entrée | 500€ | 250 000 € |
Blocage en cas de crise | Loi Sapin 2 : blocage sur l’ensemble | Aucun blocage |
Portabilité internationale | Aucune | Excellente |
Conclusion : comprendre les inconvénients pour faire le bon choix patrimonial
L’assurance vie luxembourgeoise présente des inconvénients réels : ticket d’entrée élevé, frais plus complexes, digitalisation plus limitée, absence de SCPI, fonds en euros moins attractif, contraintes réglementaires et déclaratives.
Ces éléments ne doivent ni être minimisés, ni ignorés. Ils traduisent une réalité simple : l’assurance vie luxembourgeoise n’est pas un produit grand public, mais un outil patrimonial spécialisé, conçu pour répondre à des enjeux précis.
Elle prend tout son sens lorsque le patrimoine atteint un certain niveau de maturité, que les objectifs dépassent la simple recherche de rendement, et que la structuration juridique, la diversification internationale ou la mobilité géographique deviennent centrales.
Le véritable critère de décision n’est donc pas le produit lui-même, mais son adéquation avec la situation patrimoniale du souscripteur. Utilisée trop tôt ou sans cohérence globale, l’assurance vie luxembourgeoise peut décevoir. Intégrée au bon moment, elle devient un levier patrimonial particulièrement efficace.
Accompagnement et analyse personnalisée
L’assurance vie luxembourgeoise reste un outil parmi d’autres et ne constitue jamais une solution automatique.
Chez WSI Conseil, nous analysons la situation fiscale, patrimoniale et internationale de nos clients afin de déterminer si ce type de contrat est réellement pertinent, et le cas échéant, de le structurer de manière cohérente et durable. Vous vous interrogez sur les inconvénients de l’assurance vie luxembourgeoise dans votre situation personnelle ?
Un échange permet souvent de déterminer rapidement si ce contrat constitue une opportunité pertinente ou s’il est préférable de s’orienter vers une autre solution.
Quel contrat est fait pour vous ?
FAQ — Inconvénients de l’Assurance-Vie Luxembourg
Pourquoi les SCPI ne sont-elles pas éligibles dans une assurance-vie luxembourgeoise ?
Les SCPI ne sont généralement pas éligibles dans les contrats d’assurance vie luxembourgeois en raison de leur nature fiscale et juridique, et non pour un simple problème de liquidité.
Les SCPI sont des véhicules fiscalement transparents, générant des revenus fonciers réguliers, conçus pour le cadre fiscal français. Dans un contrat luxembourgeois, cette transparence entraîne une fiscalité pénalisante, qui neutralise l’intérêt économique du support.
Pour cette raison, les assureurs luxembourgeois privilégient des véhicules financiers compatibles avec leur cadre réglementaire, plutôt que les SCPI.
L’assurance-vie luxembourgeoise est-elle moins digitale qu’en France ?
La loi Sapin 2 peut-elle bloquer un contrat luxembourgeois ?
Seulement pour la part investie en fonds euros, car c’est un produit français. > Les unités de compte (UC) restent totalement liquides et ne sont pas concernées.
Le ticket d’entrée de 250 000 € est-il négociable ?
Non. Ce seuil n’est pas commercial mais structurel, car il correspond aux exigences des FID/FAS et aux coûts fixes du triangle de sécurité.
Une assurance-vie luxembourgeoise doit-elle être déclarée en France ?
Oui. Toute assurance vie détenue à l’étranger doit être déclarée à l’administration fiscale française, notamment via la case 8TT. Les contrats luxembourgeois font par ailleurs l’objet d’un échange automatique d’informations (CRS). Une non-déclaration constitue une fraude fiscale.
L’assurance-vie luxembourgeoise est-elle adaptée à tous les investisseurs ?
Non. Elle n’est pas conçue pour des patrimoines modestes ou des investisseurs recherchant une gestion simple, automatisée et peu encadrée.
Elle s’adresse principalement à des profils patrimoniaux, disposant d’un certain niveau d’encours et d’objectifs structurés.
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Avec plus de 20 ans d’expérience sur les marchés financiers, j’ai toujours eu à cœur d’écouter, conseiller et accompagner mes clients dans la durée.
Mon indépendance me permet aujourd’hui de garantir une totale objectivité dans mes recommandations et de proposer des solutions patrimoniales réellement sur mesure.En 2009, je me tourne vers la gestion de patrimoine privé. J’exerce d’abord chez Allianz Finance Conseil, puis rejoins la Banque Neuflize en tant que banquier privé, conseillant une clientèle haut de gamme sur leurs investissements et stratégies patrimoniales.
En 2014, je cofonde WSI Conseil avec Christophe Simon, société dédiée à la gestion de l’épargne financière au Luxembourg pour les particuliers comme pour les entreprises.
En plus de mon expertise sur les actifs liquides (actions, obligations, OPCVM), j’ai développé une solide compétence dans l’investissement non coté, autrement dit le private equity.



